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Pour un instant court comme un roseau || ○ Connie

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MessageSujet: Pour un instant court comme un roseau || ○ Connie Sam 14 Mai 2016 - 14:49

« – C'est rare de te voir sortir à cette heure là »

Et pour cause il était vingt deux heures passées. Sage était une fille d'ordinaire plutôt casanière et pas forcément enchantée à l'idée de crapahuter de nuit dans une aussi grande ville que New-York. C'était un endroit dangereux comme elle se plaisait à le dire et on était jamais à l'abri de rien. D'aucun aurait dit qu'elle était trop prudente, elle aurait seulement répondu qu'elle avait des circonstances atténuantes. Fallait dire que ce n'était pas les autres qui passaient leurs journées entourés de la foule grouillante des décédés de New-york. Crimes violents, viols, agression à main armée...elle avait dans son entourage direct tout un tas d'histoire qui aurait fini par terrifier les plus téméraires. Puis elle n'était pas forcément du genre à aimer roder et les personnes – vivante cette fois – qu'elle fréquentait n'étaient généralement pas non plus de ce genre là alors elle se plaisait à rester chez elle le soir , au pire se rendait-elle chez d'autres amis. Lissant avec nervosité le col bateau de sa robe bleue, elle avait tourné son regard vers celui de tante Lu avant de lui répondre dans un mandarin parfait, qui laissait souvent la vieille dame perplexe. La jeune génération perdait souvent le vrai sens de la langue et se concentrait sur un espèce de patois un peu étrange qui avait vu le jour entre les murs et les rues des Chinatown américains.

« – J'ai une collègue à la bibliothèque qui pense qu'on ne fait pas assez de choses ensemble et que c'est dommage. Elle voulait qu'on aille faire un tour sur la plage. »

Elle avait serré sa main gauche autour de son sac à main et après avoir fait un signe de main à la vieille tante, elle avait tourné les talon pour rejoindre la station de métro la plus proche. Elle aimait la façon dont les gens du quartier se souciaient les uns des autres. Sage n'était pas quelqu'un de très adroit quand il fallait qu'elle s'occupe d'elle même et si ce n'était pas pour toutes les fois ou elle était allée mangé chez ses voisins, ou certains l'avaient aidé avec sa lessive, ses courses et autres choses de ce genre, elle serait sans doutes morte de faim dans son appartement. La communauté asiatique était naturellement centrée sur la vue de groupe, tout le monde se souciait de tout le monde et tout un chacun savait qu'il pouvait trouver une aide précieuse chez son voisin. En tout cas ils connaissaient les personnes de confiance du quartier et Sage avait été assimilée à l'une d'entre elle. Elle aimait cette sensation d'être en famille.

Quand elle avait quitté l'appartement, Marley avait dit qu'en cas de problème elle n'avait qu'à l'appeler en fait, mais Sage savait que c'était mieux de ne pas la mêler à ses histoires. Marley avait ses propres histoires à régler, des histoire de morts certes et elle avait l'air d'être occupée à courir après Eunho , un autre garçon qui passait beaucoup de temps à l'appartement depuis qu'il était mort, reversé par une voiture. A dire vrai, Sage aimait bien ces moments de tranquillité totale même si d'une façon ou d'une autre ils l'angoissaient légèrement. À la station suivante Billie Floyd et Amara Tanner l'avaient rejointe et après avoir galéré un moment pour se retrouver dans le même wagon elles avaient fini par rejoindre le monde extérieur puis Coney Island.

Amara les avait faite entrer dans un de ces bars de plage qu'elle connaissait bien et à partir de la, Sage avait perdu le fil de la soirée. Elle les avait regardé boire un moment et quand Billie les avait quittées, d'un air profondément éméché pour se dirigé vers l'homme du fond de la salle, la jeune asiatique avait quitté le bar pour marcher le long de la page. Une partie de cette dernière avait été bouclée par la sécurité un peu plus tôt par la soirée, Billie avait dit à un moment qu'un célèbre chanteur y organisait un événement privé et que des fans avaient payé très cher pour y participer. La première avait passé une semaine à ruminé contre la malchance qui ne lui avait pas permit de participer elle aussi à l’événement. Ses pieds nus dans le sable, quelques mèches désordonnées s'échappant de la tresse négligée qu'elle avait fait à la va vite en partant. Sage avait envie de se perdre là, dans cet instant d'un grand calme ( à peine troublé par le bruit des attraction au loin ) bercée par l'odeur de l'iode. Et les choses auraient pu rester comme cela encore un moment, sans doutes mais Amara l'avait rejointe, ses yeux brillaient sous l'influence de l'alcool mais elle était encore cohérente, assez pour bafouiller quelques mot grivois à l'attention d'un jeune homme roux qui semblait s'être arrêté à quelques mètre d'elles.

Il ne semblait pas les voir et elles étaient trop loin pour qu'il les entende, en tout cas il ne percevait pas les gargouillis énervés et fébriles d'Amara. S'il le faisait, il les ignorait. Il lui semblait, à Sage, qu'il n'était pas seulement arrêté sur ce coin de dune. À moitié dans l'ombre, pas tout à fait de dos, à l'abris des autres regards , que les leurs pas forcément les plus aiguisés, il lui semblait que quelque chose bougeait. Elle ne pouvait pas le décrire, elle n'était pas capable de distinguer ce qui, au juste, était en train de bouger, mais ça la mettait mal à l'aise. Quelque chose qui n'aurait pas dus être. Intimement, profondément persuadé. Au bout d'un moment qui n'avait semblé ni court, ni long ( ou peut-être le contraire?) il sembla pivoter sur lui même et leur fit face une nouvelle fois dans cette semi obscurité ; au loin dans la distance, mais même Amara semblait avoir remarqué que la personne qui marchait dans leur direction n'était pas la même. Pourtant c'était les mêmes jeans et les même motifs sur la chemise. La même odeur sans doutes, si elles avaient été assez proches pour le sentir. La brune semblait sur le point de dire quelque chose mais n'en était pas capable, elle baissa les yeux , l'air perdu sur le visage de la petite asiatique. Elle ne lui avait jamais vu un air aussi terrifié et sérieux à la fois.

Comme si elle avait vu la mort.

En quelques sortes.
Un fantome peut-être. Quelque chose qu'elle n'aurait pas du voir. En fait elle semblait sur le point de s'écrouler, de choc ou de panique Amara n'était pas certaine mais quand cette dernière lui demanda de bien vouloir aller chercher Billie et de rentrer tranquillement à la maison elle n'osa pas la contredire. Le ton ne laissait pas la place à la discussion et elle avait la sensation quelque chose lui échappait. Elle savait aussi que Sage ne lui dirait jamais rien sur cet homme qui qu'il soit. Le lendemain elle mettrai cela sur le compte de l'alcool parce que c'était la seule chose logique et elles n'en parleraient plus jamais.

Amara avait ramassé ses sandales et avait fait demi tour à vive allure disparaissant dans le bar. Sage était restée seule sur la plage. Seule avec l'homme qui n'était plus si loin maintenant. Elle réprima un frisson terrifié faisant rapidement le tri dans ses pensées mais avant d'avoir le temps de penser à ses propres mots sa bouche – cette traîtresse – avait déjà craché son venin. Comme un petit animal blessé et traqué qui grogne contre le mauvais adversaire.

« – Est-ce que tu es profondément stupide ou est-ce que tu as seulement envie de mourir? »

La question avait fendu l'atmosphère, craquant dans l'air comme les vagues contre la côte. Elle était là tendue, suspendue , retenue quelque part dans les ancrages mystérieux de la peur et de la rage de vivre. La seconde d'après elle priait pour qu'il ne soit pas du mauvais côté de la barrière. Il n'avait pas forcément l'air d'être dangereux, pas cette allure militaire quand il marchait. Elle avait envie de croire qu'il était seulement imprudent. La nausée la saisit et elle du s'empêcher de plaquer sa main sur sa bouche. Ses yeux couvrirent rapidement la surface de la plage. Ils étaient seuls.

Il étaient seuls.
Mais elle était terrifiée.
Terrifiée et en colère.
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Connie Egern

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MessageSujet: Re: Pour un instant court comme un roseau || ○ Connie Jeu 2 Juin 2016 - 14:19

Toujours à l'affût de quelque chose à se mettre sous la dent au sens propre comme figuré, Connor Egern s'était rendu à Coney Island où les embruns d'une fête où certaines grosses têtes aiment se montrer fouettaient son visage. Bien sûr qu'il n'était pas invité. Bien sûr qu'il s'en fichait. Déjà parce que ce n'était plus vraiment un problème pour lui depuis quelques années, mais aussi parce qu'il aimait particulièrement se trouver là où on ne l'attendait pas. Son côté décapant aidant, se trouver là où on ne voulait pas de lui aussi. Surtout depuis qu'il était un journaliste officiellement, il semblait que le jeu avait atteint un niveau supérieur. Et malheureusement c'était maintenant qu'il avait besoin du contraire.

Aussi, en arrivant sur la plage il avait retiré ses converses, avait attaché sa chemise sous sa poitrine naissante et dont le T shirt échancré laissait voir un adorable décolleté, et marchait pieds nus dans le sable la crinière rousse au vent. Rousse oui, mais bien plus longues et raide que celle qu'il arborait d'habitude. Sa nouvelle apparence féminine régulière maintenant lui ressemblait seulement sur la couleur et le nombre de tâches de rousseur. Il l'avait renommée Dinah Aldgate, et avait même déniché un faux badge de presse pour elle. Tous les journalistes avaient des alias pour les jobs alimentaires qu'ils n'assumaient qu'à moitié bien sûr. Seulement eux ils n'avaient pas le don dont Connie disposait pour ne pas avoir à l'assumer de plein fouet !

Alors il était sur cette plage, pas assez bien foutue pour se faire payer à boire mais assez pour ne pas se faire regarder de travers. Par chance il savait comment se comporter maintenant pour éviter ça. Tout ça grâce aux nombreux conseils d'un blond expérimenté en transformations lui aussi, mais de façon plus traditionnelle. Il savait comment rire, comment minauder, même si parfois il en revenait à son caractère plus franc et plus rentre dedans parce que merde, les filles aussi avaient le droit d'avoir de la répartie de un bon mot. Mais ce qu'il avait espéré trouver ce soir ne se montra jamais. Du gratin, ça oui il y en avait mais rien qui ne satisferait ses editeurs et leur soif de potins bien gras. Et plus il attendait, plus il se demandait pourquoi. Il n'avait pas fait ses études, bouffé des pates matin et soir pour attendre qu'on voit le téton d'une telle ou qu'on voit un tel avec qui il ne devrait pas se montrer. Il avait fait ça pour la vérité. Un peu de justice. Donner une voix à qui n'en avait pas. Rien de tout ça n'aurait lieu ici alors après une vague excuse et un dernier verre qu'on lui avait payé, il s'eclipsa. Dans l'ombre il redevint Connie et rouvrit sa chemise, rattacha sa crinière en un chignon mal fait et se redirigea vers la mer et ses embruns. Une silhouette se trouvait là. La belle affaire. Sauf que plutôt que lui fiche la paix et le laisser passer elle l'alpaga.

« Hein ? C'est quoi ton problème. »

Il dit. Elle n'avait pas pu le voir si ? Et quand bien même, il s'en foutait, si elle l'accusait il mettrait ça sur le compte de l'alcool. Au pire, il pouvait toujours lui faire peur. Il n'en avait aucune envie mais la fille, presque aussi grande que lui, c'était elle qui avait commencé ! Il avança et continua son chemin comme si rien ne s'était passé. Il avait juste envie de rentrer chez lui et se jeter dans son lit plein de ressors et y marmonner l'echec de sa vie professionnel. Il avait envie de voir Kaleb aussi... mais pas apres une soirée de merde où l'autre allait s'inquiéter et lui poser des questions et... c'était con, mais Connie n'avait aucune envie que Kal sache tout ça. Pas lui.

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Firefox in the Snow

❝I'm a fan of ignoring a problem until eventually it just goes away. But you didn't.  
So I'm gonna stick with you for a while. ❞

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