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Quand la musique est bonne

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Ange d'Ysambre

❝Je t'envoie comme un papillon,
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Inscrit(e) depuis le : 10/07/2016
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Crédits : Bazzart (Johanna)
Âge : 29 ~ Statut civil : Célibataire
Profession/études : Musicien/PDG de Imriška
Quartier : Manhattan
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MessageSujet: Quand la musique est bonne Lun 11 Juil 2016 - 10:14

    Les salles de concert avaient cette magie d’emporter une petite centaine de gens pour les faire respirer avec le même souffle, leur attention portée au même moment sur les même notes, mélangeant sans vergogne sexes et origines sociales dans ce qui n’était ni plus ni moins que l’égalité parfaite, celle de l’être humain devant son propre sentiment. Les yeux mi-clos dans sa loge, Ange battait inconsciemment la mesure de la main droite tandis que son cœur, lui, vibrait au rythme des musiques qui se succédaient plus bas, sur les planches. Plus tard, son oreille et son esprit de musicien se réveilleraient, analysant l’œuvre qu’il avait découverte pour en comprendre les mécanismes et les défauts. Mais ça, ce serait pour plus tard. L’instant présent, mêlé de pensées parasites, de regrets et d’abandons, était bien trop précieux pour être sacrifié à la froide logique de la composition.

    Un murmure s’empara de l’orchestre et le musicien ouvrit les yeux pour découvrir le corps d’un jeune homme se contorsionnant dans ce qui semblait être le rythme. La danse contemporaine restait pour le moment inaccessible au très classique homme d’affaire qui en saisissait la grâce sans en comprendre la portée. Il y avait quelque chose de gênant dans les angles que l’artiste faisait prendre à son corps. Et, pour autant, il se sentait ému. Quelque chose passait entre performance et public. Il n’avait pas besoin de comprendre ou même d’aimer pour apprécier cela. Il applaudit avec les autres, dans cet élan collectif qui emportait toute la salle. La musique, enveloppante, semblait s’être soudain mise en sourdine et revenait avec la fin de l’intervention du danseur. L’agitation se calma rapidement et le concert reprit son cours, l’apparition oubliée jusqu’aux bavardages de fin de soirée, quand la salle se vident et que les spectateurs lâchent enfin les mots trop longtemps retenus et pourtant impuissants à expliquer vraiment les mouvements du cœur.

    La dernière note retentit soudain, se perdant dans les tonnerres d’applaudissements. Certains de la corbeille s’étaient même levés, en hommage aux artistes qui avaient égayés leur journée. L’esprit toujours plein des mélodies qu’il aimait tant, le jeune d’Ysambre attendit calmement, ses avants bras posés sur les accoudoirs, ses mains battant entre elles dans un rythme qui n’était ni excessivement enthousiaste, ni réellement désabusé. Petit à petit, les couloirs se vidèrent et les derniers trainards espérant un nouveau bis qui leur serait délivré rien que pour eux finissaient d’abandonner la pièce pour suivre un nouvel appel plus impérieux encore, celui de leur estomac.

    Doucement, le jeune homme quitta à son tour son fauteuil pour se glisser avec la tranquillité du propriétaire vers les coulisses et les loges. Si un vigile tenta bien de s’interposer, un billet et un regard sévère suffirent à le calmer. Il n’était pas là depuis assez longtemps pour qu’on le reconnaisse de vue mais certains langages étaient universels.

    Silencieux, impeccable dans son costume noir taillé sur mesure et soulignant sa haute silhouette, le jeune homme frôlait de son gant blanc les murs bruts de l’arrière salle. Il cherchait ce danseur inconnu qui avait fait irruption dans la mécanique bien huilée du concert. Il voulait en savoir plus sur son art, sur les messages qu’il tentait de passer. Parce qu’il n’aimait pas le contemporain, il connaissait mal ce courant et restait assez curieux intellectuellement pour vouloir tenter de passer outre ses premières impressions et comprendre. Et puis, et surtout, Imriška était pour tous les arts et une jeune personne capable de transporter un public serait forcément une addition intéressante à son projet. Il s’arrêta devant une porte simplement marquée loge, hésita un moment et frappa. Trois coups. Comme au théâtre.

    Lever de rideau.


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Eden McDougall

❝Bestial Empathy.❞


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Crédits : Cedrick (avatar), tumblr (gifs), code sign : Crackle Bones
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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Lun 11 Juil 2016 - 18:36

Le milieu artistique New-Yorkais avait beau être diversifié et dense, le réseau n’était jamais très grand. Eden pensait avoir un peu de temps pour développer quelques projets personnels en dehors du montage de la nouvelle pièce de la troupe. Il avait un rôle secondaire alors, il avait un peu moins de pression. Mais, c’était sans compter sur l’appel d’une connaissance du conservatoire. Plus exactement, ce garçon avait été son parrain à son arrivée dans l’école. Et il était metteur en scène depuis quelques années. Il avait pensé à lui quand un de ses amis musicien avait eu envie de faire une variation scénique pour quelques uns de ses concerts. Intégrer un passage dansé au sein d’un concert traditionnel. Peut-être pour réveiller le public. Aussi pour marquer plus le public. Eden n’avait pas su dire non. Il allait devoir bosser d’arrache-pied pour maîtriser rapidement une chorégraphie qui tenait autant du théâtral que de la danse. Retravailler son langage corporel, encore et encore pour être sûr de faire passer au public exactement que ce que l’on voulait. Il lui avait fallu moins de quinze jours pour être opérationnel pour une dizaine de concerts qui allaient avoir lieu sur la ville. Ce n’était que quelques minutes dans un concert de plusieurs heures, mais c’était des minutes pendant lesquelles il n’avait pas le droit à l’erreur.

Échauffé, il attendait sur le bord de la scène, nerveux comme toujours. Avant le premier spectacle, il avait vomi… Mais cette fois, ça allait mieux, il se sentait un peu plus assuré, c’était déjà sa troisième performance. Normalement, tout se passerait bien. Plus que quelques secondes avant son entrée. Il ferma les yeux et inspira un grand coup. Noir. Lumière.

Ses pas étaient parfaitement calés sur la rythmique. Exprimer les émotions de ce morceau extrêmement expressif. La mélancolie, la tristesse, puis la renaissance. Son corps n’avait pas perdu en souplesse. Mais ce qui faisait probablement la différence avec d’autres danseurs, c’était son visage qui se modulait à chaque partie de morceau, son regard bleu reflétant chacune des volontés des musiciens. Sa course scénique s’acheva, le laissant assis sur le bord de la scène. Noir. Lumière. Il avait disparu, et même si la musique ne s’était pas arrêté, les applaudissements se firent entendre. Il sourit. Un technicien le félicita avec bienveillance. Il récupéra sa bouteille d’eau et s’étira tout en continuant d’observer ses collègues de travail. Il appréciait plutôt leur musique, mélange de jazz mais aussi d’instruments plus ethniques. Finalement, le salut arriva et il revint saluer avec les musiciens comme ils lui avaient demandé. Si ça n’avait tenu qu’à lui, il ne l’aurait pas fait, ne se considérant pas assez méritant avec quelques minutes de danse. Ils se dirigèrent vers les loges. Le blond ne tarissait pas d’éloges pour les musiciens, mais aussi de quelques critiques. La bonne humeur était de mise. Le blond put commencer à se démaquiller une fois dans la loge commune à tout le monde. Il retira aussi son haut en lycra blanc qui était juste trempé de sueur. Et on frappa alors.

J’y vais !” lança-t-il aux autres.

Il était le plus près de la porte. Et puis, c’était sûrement un technicien, rien de plus ! Il ouvrit. Et fut surpris de ne pas voir un technicien. Mais… Un spectateur ? Enfin s’il était ici, ça ne devait pas être n’importe qui… Oui, son visage lui disait quelque chose… Oh ! Si ! Oh… Wow. Il resta une seconde muet en se rendant compte de qui il avait en face de lui. Et il était torse nu face à un pianiste de renom dont il écoutait les enregistrements avec ferveur. Pouvait-on faire plus ridicule ?

Bonsoir…” dit-il d’une voix un peu intimidée. “Vous devez venir pour les musiciens ? Vous voulez que je les appelle ? Enfin… Vous devez pouvoir entrer aussi…

Seulement pour ça il aurait fallu qu’Eden se décale, mais… Son esprit était tétanisé, et son corps aussi par la même. Il ne bougea pas, l’air un peu hébété en fixant Ange d’Ysambre. Il perdait vraiment ses moyens en croisant quelqu’un dont il estimait le travail…

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Ange d'Ysambre

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Lun 11 Juil 2016 - 20:54

    Premier tableau, la porte. De bois brut aux nervures verticales, elle dissimulait de son mieux l'anarchie de la loge qu'elle protégeait, sans pour autant protéger l'acoustique du lieu comme elle l'aurait du. Ses gonds dissimulés dans les ténèbres et mal ajustés laissaient passer des raies de lumières comme autant de clairs de lune aux reflets d'or dans lesquels dansaient la poussière des lieux. Contre le mur derrière lui, cordes et engrenages dévoilaient un peu de la mécanique scénique sans pour autant montrer directement ses secrets. Le brouhaha indistinct des conversations s'étaient tues. Et le bruit d'une chute avait lancé l'action. Une voix claire, à peine étouffée par le bois se fit entendre, rassurant l'unique public quant à son avenir proche. Quelqu'un allait venir. Bruits de pas, bruits de voix puis une lumière aveuglante transperçant obscurité et rétines. Aveuglé, il fallu un moment à Ange pour s'habituer au changement de luminosité et, enfin, apercevoir son interlocuteur en contre-jour dans l’entrebâillement.

    Il était là, boucles blondes collées de sueur ou de démaquillant, torse nu dans l'encadrement de la porte, tel un chérubin grandit trop vite, le danseur de la partie surprise. Sans se départir de son calme, Ange attendit, appréhendant la silhouette gracile d'un regard vertical, juste étonné par l'impudeur dont le jeune homme faisait preuve. Son visage, trop sévère pour ses jeunes années se teinta d'une surprise polie, vaguement timide face à l'accueil qui lui était réservé. Il n'avait pas encore l'habitude d'être reconnu, même si cela devenait de plus en plus fréquent. Le plus souvent, ses apparitions silencieuses étaient saluées de dédain et son nom, lui, de respect.

    « Bonsoir »

    Toujours dans le couloir, il ne fit pas un geste pour entrer, le corps de son interlocuteur bloquant désespérément l'ouverture de la porte. Un peu mal à l'aise par la situation, le pianiste sentit ses joues se colorer vaguement d'un léger rose au niveau des pommettes. La chaleur de l'arrière scène était presque suffocante en ce soir d'été et les couches d'habit de soirée commençaient à se montrer très inconfortable. Seulement, cela en valait la peine.

    « Je m'appelle Ange, Ange d'Ysambre et je venais vous voir vous, c'est à dire si vous êtes bien le danseur qui nous a surpris lors de la représentation. Je suis conscient que vous devez être fatigué après votre performance mais si vous pouviez trouver quelques minutes à m'accorder, je vous en serais très reconnaissant. J'aurais des...questions, à vous poser... sur votre art évidemment. »

    Assez mal à l'aise, finalement, par la situation, le français fixa le visage de son vis à vis, espérant qu'il comprenne le message caché et accepte de s'effacer pour le laisser entrer. Il n'y avait rien de plus inconfortable que de parler sur le pas d'une porte, comme un message qui ne serait ni vraiment parti, ni encore arrivé. La musique, l'Art, celui qu'on avait vu, méritait un autre écrin que ce passage, cette frontière invisible entre le monde des artistes et celui des visiteurs. Mais comment l'exprimer, en anglais, en américain même, et sans être impoli ? L'étiquette dans laquelle il avait grandit ne lui permettait que peu de marge de manœuvre. Il inspira un grand coup, réfléchissant puis reprenant d'un coup, dans cet anglais d'Angleterre mélangé de français qui faisait son langage courant.

    « Peut-être pouvons-nous continuer à l'intérieur ? »

    Sa main ganté fit un nouveau mouvement vers la loge illuminée dans laquelle se trouvaient toujours quelques musiciens, certains curieux de la scènes, d'autres toujours perdus dans l'ivresse d'après-spectacle, quand l'adrénaline redescend et que l'on a encore dans le cœur les vibrations du groupe et ce moment étrange et rare où tout n'est qu'un, où l'on n'est qu'une petite partie d'un grand tout, dépassé par la musique, porté vers le public en un miracle difficilement descriptible. Il prit une grande inspiration. Venir ici était une erreur. Il dérangeait. Il aurait du prendre rendez-vous pour le voir après. Plus tard. Seul.

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Mer 13 Juil 2016 - 22:56

La gêne était partagée. Eden se sentait stupide de ne pas avoir ne serait-ce qu’enfilé sa chemise, quitte à mal la boutonner. Là, il se sentait clairement nu. Et il n’était pas d’un naturel très impudique pourtant. À croire que l’euphorie post-spectacle et sa situation amoureuse bancale lui faisaient perdre ses principes. Ou plus simplement la tête. Probablement plutôt ça. En dehors du travail, c’était un peu bordélique dans sa tête. Il acquiesça en entendant le nom de son interlocuteur. Il le connaissait déjà. Il en eut un petit sourire. Et ce fut à son tour d’avoir l’air surpris et d’avoir le rouge -pas le rose, direct le rouge bien visible- aux joues. Quelqu’un d’aussi important que lui voulait lui parler à lui ? L’insignifiant irlandais de Brooklyn ? Il ne savait pas bien quoi dire, et son air incrédule devait parler pour lui. On pouvait vraiment s’intéresser à lui pour ses talents artistiques en étant aussi renommé ? Ce n’était pas juste un de ces mécènes qui lorgnaient juste sur son postérieur ? Ou en l’occurence sur son torse brillant de sueur… Probablement moins glamour.

Oh…” finit-il par lâcher perplexe et peu assuré.

Il fallut que l’autre émette l’hypothèse de rentrer pour que le blond réalise l’impolitesse et la rudesse de son comportement. Il eut un léger sursaut, comme s’il se réveillait de sa léthargie et se décala de la porte, désignant un siège libre au brun. Il prit une seconde pour attraper sa chemise, l’enfiler, et la boutonner grossièrement. Bon, entre le torse nu et la chemise hawaïnne à fleurs, sans doute que l’homme allait le prendre pour un illuminé. Et pas franchement dans le bon sens du terme.

Pardon pour… Mon manque de réaction. Je suis un peu… Surpris d’attirer l’attention de quelqu’un de votre envergure…” bafouilla-t-il en approchant sa chaise de celle où il avait invité l’homme à s’installer.

Il repoussa ses cheveux d’une main, sans doute pour se donner un peu de contenance, mais en sentant la poisse mêlée de sueur et de démaquillant dans ses bouclettes, il regretta son geste. Et essaya de s’essuyer discrètement la main sur son pantalon qui partirait dans tous les cas au lavage avant la prochaine représentation. Les musiciens avaient un peu tournés la tête vers eux, reconnaissant sans doute qui était dans leur loge. Se demandant sans doute pourquoi on ne venait pas les voir eux.

Je vous écoute… Enfin si vous préférez aller ailleurs… J’ai la soirée devant moi, et personne qui m’attend alors si vous préférez parler ailleurs que dans une loge sentant la sueur, je le comprendrai…”dit-il avec un rire un peu nerveux pour ponctuer le tout.

L’assurance qu’il avait sur scène disparaissait si souvent quand il en avait besoin en dehors. Là, il se sentait si fragile et démuni, et de si peu de valeur face à un tel musicien. Et quelqu’un de noble s’il avait bien compris. Et… Rah il était parti pour se dévaloriser mentalement toute la soirée, là… Et en plus en ayant tous les autres regards de la loge qui finissaient braqués sur eux, il n’allait pas se sentir plus à son aise.

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Jeu 14 Juil 2016 - 15:28

    Il y eu l'un de ces mouvements suspendus de silence, lorsque personne ne sait quoi dire et que les mots se tiennent, imprononcés entre eux. Un silence. Une pause. Gardant en elle l'écho des musiques qu'ils interrompaient. Savoir apprécier ces césures dans les phrases faisaient partie de la vie d'un musicien. Il attendit. Reprenant contenance, essayant de ne pas s'inquiéter de l'effet qu'il faisait sur ce total inconnu qu'il était venu voir par hasard. Ils entrèrent. Et l'ambiance de la loge revint comme une nouvelle phrase vient forcément reprendre le tempo de la musique. Poli, le jeune homme salua ses collègues d'un mouvement de la tête, laissant à son interlocuteur tout le loisir de se couvrir. Cette chemise était affreuse. Certes, Emeline lui avait souvent dit qu'il n'y avait pas que les chemises blanches ou noires dans la vie d'un homme mais ces motifs à fleurs colorés n'avaient pas plus de raison d'exister que les « tubes de l'été », les « boysband » et les autres musiques en boite. Il ferma doucement les paupières. Il n'était pas là pour discuter mode et chacun était, au fond, bien libre de s'habiller (ou de chanter) comme il l'entendait. Doucement, il rejoignit la chaise qu'on lui proposait, tira un peu sur les jambes de son pantalon et s'assit, droit et raide, à l'endroit indiqué.

    Un homme de son envergure. Il retint le réflexe de regarder derrière lui pour voir si son père ne s'était pas matérialisé dans son dos. Faisait-il vraiment si vieux dans ces vêtements ? Quand est-ce qu'il avait quitté le monde des « jeunes » pour devenir quelqu'un ? Et en même temps, quand s'était-il vraiment permis d'être jeune ? Il y avait un fossé entre lui et le blond, certes, mais ce n'était pas celui que le jeune danseur imaginait. C'était le fossé entre la rigueur du classicisme et la folie du mouvement contemporain. C'était le monde des règles et la rébellion bohème. Il le regarda à nouveau, ses yeux noisette attentifs à chaque mouvement de gêne et de nervosité de son cadet. Lui-même, derrière le calme olympien de son maintien, n'en menait pas si large.

    « Je vous en prie. »

    Il chercha ce qu'il avait voulu dire par là. Sa vraie prière était impossible à formuler. Je vous en prie, arrêtez de me traiter comme quelqu'un de différent alors que je rêverais d'être comme vous. Voilà ce qu'il aurait voulu dire. Voilà ce qu'il aurait dit s'il n'avait pas été Ange d'Ysambre, emprisonné dans cette persona que l'on avait fait grandir autour de lui.

    « Ne vous inquiétez pas pour le cadre de notre entrevue, j'avais voulu qu'elle reste informelle et il me semble que cet écrin vous convient à merveille. Quant à moi, j'ai également l'habitude des loges vous savez. Nonobstant, si vous désirez que notre entrevue devienne plus formelle et, par là même plus confidentielle, je n'aurais rien contre attendre un moment. J'en profiterais pour saluer mes collègues dont la performance était également très plaisante. »


    Il croisa une jambe sur l'autre.

    « Cependant, comme je vous le disais, c'est bien vous que je suis venu voir. Voyez-vous, je connais très mal l'art contemporain et je me demandais si vous accepteriez de m'expliquer votre passage sur scène. J'ai été sensible à l'émotion que vous dégagiez, vraiment. Mélancolie, tristesse, puis l'espoir et la renaissance dans ce qu'elle a, à la fois de douloureux, d'effrayant et de merveilleux, tout cela était extrêmement bien rendu, seulement je suis incapable de comprendre les mécanismes que vous avez utilisé. »

    Il reposa sa jambe sur le sol, changeant brutalement d'idée.

    « Avez-vous seulement dîné ? Puis-je vous inviter à une collation ? Vous avez raison, cela sera plus simple pour nous de parler art dans un endroit plus neutre. »

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Jeu 14 Juil 2016 - 23:14

L’homme avait beau essayer de le rassurer, Eden n’arrivait pas à se détendre. Il se sentait comme une petite souris devant un chat imposant. Et il savait de quoi il parlait, il s’était déjà retrouvé dans la tête d’une souris face à un matou. Et c’était exactement ça. Il avait l’impression de marcher sur une corde raide. Sans filet en dessous. On parlait tout de même d’un d’Ysambre. D’Ange D’Ysambre. Comment aurait-il pu être impassible maintenant qu’il l’avait reconnu ? Forcément qu’il restait nerveux. Et il se laissait noyer sous les paroles calmes et si bien formulées de son interlocuteur. Il avait certes un accent bizarre, mais son anglais était vraiment parfait, et son vocabulaire si recherché. Vraiment, cet homme aurait pu être un vampire que ça ne l’aurait pas étonné. Il acquiesça comme pour lui signifier qu’il ne voyait aucun problème à rester là. Au point où ils en étaient, il se fichait d’être mal à l’aise un peu plus longtemps ici ou ailleurs. Le lieu ne changerait pas ce que cet homme dégageait et l’effet qu’il lui faisait. Parce qu’en plus d’être connu, riche, il fallait qu’il soit séduisant. Pas étonnant qu’il en reste sans voix.

Il haussa un sourcil en entendant la suite. Lui expliquer son passage ? Il ne voyait pas bien ce qu’il pouvait expliquer… Il fronça un peu les sourcils. Il n’était pas très doué quand il s’agissait de parler de ses propres performances, pas assez de recul, pas d’objectivité alors… Il ne comprenait pas ce qu’il pouvait expliquer hormis les techniques.. Et encore.

Je peux… Je peux essayer… Mais…” bafouilla-t-il mal assuré avant de se ressaisir, se raclant la gorge. “Je peux essayer. Après, cela restera du langage technique, vous avez l’air d’avoir compris l’essentiel… Je ne cherche pas à faire plus que transmettre des émotions.

Puis il secoua négativement la tête avec un petit rire.

Non… Je suis bien trop nerveux avant de monter sur scène, si je mangeais avant… Je pense que le spectacle ne serait pas agréable à regarder… J’ai l’estomac trop sensible, dirons-nous.Oh mon dieu, Eden, tu parles de vomi à Ange d’Ysambre. Qu’est-ce que tu fiches ? Bordel, arrête, c’est un massacre, tu es en train de te saborder, arrête tes conneries. Réponds juste à la question. Du coup, je veux bien vous suivre pour une collation, avec plaisir. Je vais juste… Changer de pantalon ! Cela vous laissera le temps de féliciter les musiciens !

Il se releva allant dans sa partie de la loge pour attraper… Un jean et… Oh sauvé ! Il avait une chemise colorée mais unie, histoire d’être moins ridicule à côté de l’homme. Il s’éclipsa dans un recoin du couloir, s’empressant de se changer, en espérant ne pas croiser un technicien. Cette soirée n’avait aucun sens. Comme à peu près tout dans sa vie en fait. Il rentra à nouveau dans la loge, bien plus présentable, rangeant le linge à laver dans le bon bac, et rassemblant ses quelques effets personnels. Regardant son téléphone. Mais non, forcément pas plus de message de Lys que deux heures plus tôt. Pourquoi regardait-il encore ? Il posa son sac en cuir sur son épaule, maintenant vêtu d’une chemise bleutée bien plus conventionnelle, une Rlaph Lauren offert par Ian qu’il aimait bien pour sa sobriété.

On peut y aller si vous voulez…” dit-il un peu plus présentable, ayant même pris quelques seconde pour essuyer ses cheveux.

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Ven 15 Juil 2016 - 13:51

    Les mots n'avaient pas toujours la force d'exprimer les volontés et les émotions. Et c'était pour cela que l'art existait depuis que l'homme était. Comme un vecteur de tout ce qui ne se disait pas, passant à travers les barrières du langage et de la culture, choquant, bouleversant, enrobant. L'Art était la fondation de tout être humain, il venait du cœur, du corps, des tripes. Il n'y avait rien de plus beau, rien de plus dérangeant, rien de plus fort qu'un art pur et dénué de toute vénalité. Et les mots d'artistes, s'ajoutant aux musiques et aux peinture se laissaient porter bien plus loin, volant sur l'émotion pour toucher directement au cœur. Peut-être était-ce pour cela qu'il était moins sensible aux arts des mots, quand bien même il en appréciait la musicalité. Il réfléchit. Il avait mal posé sa question et cela semblait inquiéter son interlocuteur. Les mots, toujours, dans cette langue qui n'était pas la sienne et qu'il entendait bien qu'il n'utilisait pas correctement. Un pli se forma entre ses yeux tandis qu'il tentait de remettre de l'ordre dans ses idées et ses concepts. Et puis un sourcil étonné, perplexe devant cette facilité que semblait avoir le danseur à s'ouvrir et parler de lui à un parfait inconnu. Si fort soit parfois le trac avant ses propres représentations, Ange savait qu'il lui était impossible d'en parler à qui que ce soit. Peut-être Emeline aurait pu le forcer à l'ouvrir, à force de questions et de colère mais, même venant d'elle, il n'était pas certain d'avoir la capacité qu'avait sa génération à parler. Un homme, lui avait-on apprit, garde ses sentiments en lui, n'offrant au monde que la surface lisse et civilisée qu'on lui demande d'avoir. Alors, il confiait tout ça à son piano. Ses tristesses, ses rages, ses moments de doute et de colère. Et ainsi, sa peur du ridicule et de l'échec devenait sous ses doigts une émotion de plus à confier au public. Et ainsi, son estomac le laissait en paix.

    « Faites donc. »

    Se levant à son tour, il laissa au jeune homme tout le loisir de sortir totalement de son costume de scène et de son personnage. Doucement, il se dirigea vers les musiciens, les félicitant à leur tour, discutant technique, musique, piano. L'ambiance bonne enfant semblait également s'être refroidie à son passage mais leur passion commune réchauffa rapidement l'atmosphère et quelques anecdotes sur les difficultés rencontrées en concert et la bêtise de l'administration française suffirent à briser la glace. Le temps que le danseur revienne, certains musiciens riaient et Ange avait ce sourire triste et fatigué qui était le sien lorsqu'il se sentait enfin baigné dans la chaleur de ses pairs. Il nota quelques noms, prit un ou deux numéro de téléphones puis retourna son attention sur le chérubin dont la tenue s'était nettement améliorée. Bleu sur bleu, cela restait un rien maladroit mais le tout était habillé et c'était un début. Il résista à l'envie de remettre ses boucles correctement et colla ses mains gantées dans ses poches.

    « Y allons-nous ? »

    Ouvrant la marche, il sortit de la loge. Fin du premier tableau.

    Début du deuxième acte.
    Il avait eu besoin de silence pour ordonner ses idées, sortant du théâtre sans rien dire, le visage pensif. Le vent nocturne était encore trop chaud. Il déboutonna sa veste, errant au hasard des rues de Staten Island. Il fallait dire quelque chose ou l'Ange blond à côté de lui s'évanouirait comme neige au soleil.

    « Qu'aimeriez-vous manger ? Je ne connais que mal le quartier mais je suis ouvert à toute proposition. »
    Si l'on exceptait, évidemment, la fausse nourriture des fast-food et autre pizzas innommables. « Pour en revenir à notre discussion, Monsieur... » il s'arrêta soudain, se sentant très bête. « Je suis vraiment désolé, je n'ai pas retenu votre nom ? » D'un autre côté, l'autre ne s'était pas présenté et il était à peu près certain de ne pas avoir vu de danseur sur le programme.

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Eden McDougall

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Mer 20 Juil 2016 - 22:17

Eden toujours un peu intimidé, acquiesça à sa question. Il ne comprenait toujours pas pourquoi c’était lui et pas tous les musiciens qui étaient invités. Enfin… Il songeait de plus en plus que le musicien ne l’invitait lui que pour… le courtiser ? Parce qu’un homme comme ça, ça ne drague pas, ça courtise. Les mots ont leur importance. Mais ça ne rendait pas la situation plus simple à gérer. En fait, c’était même carrément gênant. Et… Enfin, Eden se demandait si c’était vraiment ça. Il était si mauvais pour savoir quand est-ce qu’un homme tentait une approche avec lui. C’était terrible d’être si peu clairvoyant. Il aurait bien posé la question, mais… C’était trop direct et indélicat. Et si jamais on l’avait invité pour une autre raison, ce serait carrément bizarre. Donc, il préférait attendre. Quitte à passer pour un idiot à jouer les naïfs. C’était jamais une mauvaise chose de paraître plus idiot qu’on ne l’est réellement… Enfin du point de vue d’Eden. Il suivit l’homme, silencieusement, un peu mal à l’aise. Il ne savait pas s’il était supposé dire quelque chose. Et en même temps, qu’aurait-il pu dire ? “Au fait, j’adore le concert que vous avez enregistré à l’opéra de Londres, je l’ai regardé au moins dix fois !”... ça faisait fan acharné. C’était flippant. Nope. Pas dire ça. Mais que dire d’autres ? Des banalités ? “Il fait chaud, pas vrai ?” Merci Capitaine Evidence. Non plus. Ça n’allait pas. Mais alors que dire ? “Vous êtes mieux en vrai qu’en vidéo…” Ouais, carrément non. Même si c’était pas faux. “Vous êtes un vampire ou vous en avez juste l’allure ? Parce que je veux bien devenir votre calice…” Nope. Nope. Nope. Il rougit en chassant tout l’érotisme qu’il y avait derrière cette phrase. Et derrière le fantasme du vampire. Pourquoi il avait pensé à ça ? Raaah, c’était gênant. Ce qu’il aimerait manger ? La question le surprit. Le coupant dans toutes ses divagations mental qui n’avait rien à voir avec la nourriture. Enfin pas ce genre de nourriture. Et son cerveau avait du mal à percuter.

Euuuh…” Quelle éloquence pour un comédien. Il avait envie de disparaître en réalisant comme il devait paraître maladroit et idiot. Rah. “En fait, je suis végétarien… Alors… Cela risque peut-être de vous compliquer la tâche… Et je ne connais pas plus le quartier… Je connais mieux Brooklyn ou le Queens… Ou Manhattan du côté de Columbia ou Broadway… Mais ici…” Il passa une main gênée dans ses cheveux. “Je suis un piètre guide… Désolé…

Et il ne s’était même pas présenté ? Mais quel empoté ! Bon sang, mais bon sang de bonsoir ! Comment faisait-il pour être si stupide ? Raaaah ! Il rougit un peu plus, vraiment gêné par tant de manque de savoir vivre. Nathaniel n’aurait pas été fier de lui en le voyant ainsi. Ulysse aurait ri. Ulysse…

Mc Dougall. Eden Mc Dougall. Vous pouvez m’appeler juste Eden… Si vous m’appelez M. Mc Dougall, j’aurai l’impression que mon frère est derrière moi, ce serait bizarre… Ou mon père... Et ce serait encore plus bizarre...

Il eut un rire un peu gêné. Puis aperçut un restaurant à l’angle de leur rue.

Oh ! On peut aller voir leur carte peut-être ?” dit-il en reprenant d’un bon pas, peut-être en espérant dissiper sa gêne.

C’était un petit restaurant indien. Pas vraiment de la haute gastronomie. Eden n’aurait pas eu de mal à s’arrêter là, en prenant un raita de légumes, ou un curry de légumes. Mais son regard interrogea l’autre homme.

Vous aimez la gastronomie indienne ?” demanda-t-il avec un sourire.

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Jeu 21 Juil 2016 - 10:53

    Et comme il y a une musique des mots, il y en a une du silence. Celle-ci était sous tendue d’une anxiété émanant du Chérubin et dont Ange, tout en y étant sensible, n’arrivait pas à déterminer les raisons. Dans leur déambulation nocturne, le français s’interrogeait néanmoins, curieux quant à ce qu’il avait pu dire ou faire qui semblait choquer ainsi le jeune homme. Il n’avait pas souvenir d’avoir dit ou fait quoi que ce soit qui puisse le mettre mal à l’aise. Et le trac…il n’était pas si impressionnant, si ? Certes, ce n’était pas la première fois qu’il voyait un jeune écarquiller les yeux quand il se présentait mais lui-même avait du mal à se concevoir comme une personne importante ou puissante. Il vivait musique, il pensait musique, il vibrait musique et c’était ce qui lui donnait son toucher, son émotion et ses particularités en tant que musicien. Ca et une étude quotidienne à la fois du piano et des théories musicales qui construisaient les œuvres tout en les inscrivant dans la mouvance et l’époque de leur composition. Il fallait comprendre pour reproduire et assimiler pour pouvoir vivre. Ceux qui se contentaient de jouer sans étudier ne pouvaient pas – c’était certain – s’abandonner comme lui s’abandonnait. Mais certainement, ce ne pouvait pas être son maigre talent qui inquiétait le professionnel qu’il avait à côté de lui. S’il avait été son père, le français aurait commencé à douter qu’il s’agisse de la même personne qui était sur scène, jouant avec les émotions du public. Mais en tant qu’artiste et habitué de ce milieu, lui savait que la scène, ces quelques planches de bois, pouvait changer le monde.

    A force de chercher quelque chose à dire, il avait fini par lancer la pire banalité du monde et, au vu de la réaction de son interlocuteur, il n’était pas certain d’avoir bien fait. Si la nourriture était un sujet de prédilection chez les français, ce n’était pas le cas dans toutes les cultures. Les anglo-saxons en général et plus principalement les anglais – à ne pas amalgamer avec les celtes résidant également au Royaume-Uni – n’appréciaient pas trop les discussions gastronomiques. Quoi qu’il puisse en être, il semblait avoir pris le jeune homme par surprise. Cachant un léger mal-être, Ange le laissa réfléchir et développer. Végétarien. Bon. Tant qu’on ne l’obligeait pas lui à renoncer à un bon poisson ou une viande occasionnelle, les régimes de chacun ne le regardaient que peu. Pas plus avancé par tout ça, il regarda autour de lui, cherchant une enseigne un peu à la mode ou qui puisse s’apparenter au mouvement « green » ou « hipster » et donc convenir à son invité.

    « Ne vous excusez pas, nous nous contenterons de découvrir ensemble, tout simplement. »

    Faisait-il vraiment si vieux ? Il ne pouvait pas avoir plus quelques années de plus que le danseur, c’était mathématiquement impossible. Pourquoi réagissait-il comme s’il était un Professeur ou une figure d’autorité quelconque ? Et il n’avait même pas encore commencé à parler affaire. Il retint un soupir, anticipant la difficulté d’aborder un tel sujet. Au moins, il avait son nom. Eden. L’Ange et l’Eden. Cela le fit sourire un peu, de ce sourire triste qu’il avait toujours et qui était comme l’expression de sa mélancolie.

    « Enchanté, Eden. »

    Il eut à peine le temps de continuer, voire de s’assurer d’être entendu que McDougall – un nom écossais ou irlandais selon comment s’écrivait le mac – partait à l’assaut d’un restaurant indien. Avec un temps de retard, le musicien suivi son camarade, jetant à peine un coup d’œil à la liste des plats.

    « J’apprécie la cuisine indienne. Pour être parfaitement franc, les restaurants indiens étaient même les seuls à proposer quoique ce soit de comestible à Londres. »

    Il tenta un nouveau sourire avec sa boutade, espérant détendre un petit peu son camarade. Après tout, le dégoût de la nourriture britannique par les français était quelque chose de connu. Enfin il l’espérait. Bien. Décidant de décider, Ange ouvrit la porte d’un geste sûr et entra dans une pièce tamisée décorée de bois et de soie aux couleurs bollywoodienne. Sur des écrans géants passait un clip que la politesse permettait de qualifier d’original…au mieux. Il demanda une table pour deux et remercia d’un signe de tête pour les cocktails de courtoisie.

    « Vous êtes un végétarien sans viande uniquement ou vous refusez de consommer tout ce qui vient de l’animal comme les œufs ou le lait ? Il s’agit d’une décision médicale, religieuse ou philosophique ? Comment faites-vous pour ne pas avoir de carences – avec votre profession je suppose que vous ne pouvez vous permettre une baisse de forme…et…et ce sera ma dernière question, veuillez pardonner ma curiosité, est-ce que cela vous dérange si je consomme de la viande à votre table ? »




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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Dim 24 Juil 2016 - 22:36

Le blondinet ne put s’empêcher d’être un peu soulagé en l’entendant avouer aimer la gastronomie indienne. Il eut même un petit rire à sa boutade. Rire qu’il étouffa rapidement, se mordillant les lèvres avec un sourire. Il regarda l’homme, et se permit de prendre la parole, d’une voix qui était plus propre à refléter son naturel assez jovial.

Londres ? Quelle idée aussi d’aller chez des anglais… Vraiment, l’Irlande est bien plus hospitalière… Et la cuisine est meilleure ! Sans parler de notre bière…

C’était fou de se dire que le blond se sentait plus irlandais qu’américain alors qu’au final, il avait passé bien plus de temps aux Etats-Unis et avait été naturalisé depuis des années. D’irlandais, il n’avait que le nom, et le patrimoine génétique. Et quelques tâches de rousseur assez peu visibles. Mais l’Irlande, c’était ses parents. C’était aussi le lieu de leur mort. Le lieu de ses angoisses. Des traumatismes. Sans doute pour cette raison qu’il n’y était jamais retournée. Il y avait songé. Souvent. Plus encore quand sa relation avec Ulysse s’était stabilisé, il aurait aimé y retourner avec lui. Maintenant… Il ne savait plus vraiment. Il savait juste que l’Irlande serait toujours sa patrie de coeur. Quoi qu’on en dise.

Il suivit l’homme dans le restaurant qui avait pour lui d’avoir une décoration sympathique. Si on omettait ce qui passait sur les écrans télé, c’était vraiment agréable ces couleurs vives et ce bois… Il s’installa en face de l’homme, plus souriant. Ses pensées étranges avaient disparus et seule la critique de la cuisine anglaise était présente dans son esprit. On leur amena aussi des cocktails. Alcoolisés… Après tout, pourquoi pas ? Il prendrait le bus pour rentrer ou le métro alors… Il en but une gorgée. C’était sucré. Vraiment bon. On ne sentait pas du tout l’alcool. Sans doute pas une bonne chose pour lui. Puis arriva le déluge de question sur son végétarisme. Il y était un peu habitué à ce genre d’interrogatoire…

Ne vous en faites pas, je n’empêche personne de manger de la viande… J’en ai mangé jusqu’à mes quinze ans vous savez… Qui serai-je pour vous jeter la pierre ? C’est une décision… Sans doute philosophique, et… Émotionnelle je dirai surtout. Je me sens trop proche des animaux pour pouvoir supporter qu’on en tue pour ma subsistance… Je compense avec d’autres aliments, surtout des graines, des huiles, d’autres sources de protéines. J’ai suivi les conseils d’un médecin avant de faire mes menus moi-même… Et puis, je consomme toujours un peu de lait et d’oeufs, mais j’essaie aussi de réduire, pour les même raisons. Disons que l’industrie laitière ne donne pas vraiment envie de boire un litre de lait de vache par jour… Enfin, dans mon cas. Libre à chacun de penser ce qu’il souhaite… Et puis, le lait d’amande est très bon !

Il sourit en buvant un peu plus de cocktail, l’alcool lui faisait déjà rougir les joues.

Enfin j’imagine que vous n’aviez pas décidé de venir me voir pour parler de mon régime alimentaire ? Vous aviez des questions à propos du spectacle, n’est-ce pas ? Vous savez… Je dois avouer que ce que je fais là, c’est plutôt pour aider un ami… La danse n’est plus vraiment ma spécialité… Même si c’est un réel plaisir de la pratiquer ainsi… Je suis loin d’être le danseur le plus talentueux de New York… Je suis plutôt comédien en réalité…

Son regard ne quittait pas son interlocuteur, Eden avait pour lui ce regard franc, naturel quand il commençait à oublier sa gêne, et ses lèvres s’étiraient d’un sourire dès qu’il parlait de ses passions. Il brûlait pour elle. Il avait toujours été une boule d’émotions, et il n’y avait que dans l’Art qu’il réussissait à les canaliser efficacement, qu’il transformait ses angoisses, ses joies comme ses peines en quelque chose qu’il espérait plus beau et plus fort encore.

Mais… J’aime beaucoup toucher à tout ! Je joue un peu de guitare à mes heures perdues… Je chante aussi, mais pas toujours très bien… Surtout après deux ou trois bières, ça ne ressemble plus à rien…

Il eut un petit rire amusé. Vraiment, l'entendre chanter ivre à défaut d'être artistiquement intéressant, cela était vraiment drôle.

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Lun 25 Juil 2016 - 13:33

    La question des anglais sembla – enfin – briser la glace. Certes, les britanniques n’aimaient pas l’Europe mais celle-ci le leur rendait bien. Ils mettaient tout le monde d’accord. Il sourit à nouveau, heureux de trouver quelque chose pour commencer à discuter sans rentrer comme ça, tout sec dans le vif du sujet. Eden – Irlandais, donc, avec un mac sans a logiquement – sembla s’animer un peu, évoquant son pays d’origine.

    «J’ai fait une partie de mes études supérieures à Oxford et croyez-moi, c’est bien pire que Londres. Cependant, je voyageais pas mal pendant mes congés et je suis d’accord avec vous. J’ai beaucoup aimé l’Irlande. Les paysages sur la route entre Dublin et Galway ont une dimension gothique au sens littéraire du terme qui renvoie à des images et des impressions très fortes. Les ruines sombres entre les herbes folles justes entrecoupées de rocs, le tout sous la brume c’est vraiment quelque chose qui parle directement à l’âme. Quant à la côte, je crois que je ne connais pas de mots assez forts pour saisir les échos de ce qu’on sent être le combat ancestral de la mer sur la falaise, entre écume et montagne… » L’Irlande avait été un lieu de villégiature privilégié, avec l’Ecosse. Il en aimait la nature sauvage, le calme, le vent, la météo, la solitude. « Et puis, après une longue journée solitaire sur la lande, rentrer au pub, retrouver la chaleur des irlandais, la camaraderie du bar et l’excitation du dernier match… » Il s’était animé en parlant, oubliant un peu sa persona sage et grave pour laisser parler sa propre passion pour ce pays, faisant écho à celle de son interlocuteur, conscient qu’il y avait un monde entre le fait d’aimer son origine et d’aimer une culture découverte. Pour lui, l’Irlande était une simple flute de roseau jouant dans le vent une mélodie triste et complexe, rapportant le choc des armes, la perte d’un être cher – le Nord- la volonté en majeur de résister encore et toujours aux envahisseurs et l’aspiration tranquille à une paix de l’âme et du cœur. S’il faisait un jour une Symphonie de l’Europe (un projet qui lui trottait dans la tête depuis quelques temps mais qu’il n’avait pas la maturité de mener à bien), il avait sa partie Irlandaise toute écrite. Enfin. Cela n’était pas le propos.

    Ils entrèrent dans le restaurant, s’installant tandis que le danseur, cordialement, acceptait de répondre à ses interrogations. Hochant la tête, le jeune homme enregistra les informations dans un coin de son cerveau, laissant à plus tard le soin d’en extraire des données sur ce que cela pouvait bien révéler de la personnalité du garçon. Probablement une grande sensibilité, une prise de conscience tardive mais un respect de son corps puisqu’il avait eu un suivi médical plutôt que de décider du jour au lendemain que tuer des animaux c’était trop méchant et qu’il ne fallait surtout pas manger Bambi. Si le végétarianisme (et tous ses dérivés) était quelque chose qu’il pouvait comprendre et accepter, Ange n’aimait pas que l’on oublie trop souvent que l’homme était naturellement omnivore et qu’il fallait donc s’occuper des conséquences si l’on décidait d’aller contre la nature. Il porta une nouvelle fois son cocktail à ses lèvres pour en siroter une toute petite gorgée. Au moins, il parlait, se détendait et ils allaient peut-être finir par arriver à quelque chose.

    Voilà même que, miracle, le blond amenait le sujet tout seul. Reposant le menu sur la table (il s’était décidé pour des samossas de légume avec une brochette de poulet tikka et un riz au safran et aux raisins secs accompagné de Lassi nature salé et d’un naan, nature aussi. Maintenant qu’il y pensait, il n’avait rien mangé depuis son petit déjeuner dans la pâtisserie de Nathaniel.), il écouta le jeune homme avec une attention non feinte. Danseur, comédien, un peu musicien et chanteur, visiblement passionné. C’était tout à fait le profil qu’il recherchait. Il était jeune et plein d’enthousiasme et pourrait être d’une grande aide.

    « L’alcool est un faux ami de l’Art. Mais nous y reviendrons je pense. Je vais commencer par répondre à votre question sous-jacente. » un certain « pourquoi moi » qui se détachait clairement des propos de l’artiste. « Si vous êtes un peu familier avec mon parcours – comme vous semblez l’être puisque vous avez reconnu mon nom… » et ça déjà, il ne s’en remettait toujours pas. « vous devez savoir que je n’ai qu’une connaissance très classique des arts. J’aurais besoin que l’on m’apprenne, que l’on m’explique les… » il hésita, cherchant le meilleur mot en anglais pour exprimer exactement ce qu’il voulait dire « les mécanismes qui sous-tendent la danse contemporaine. Pourquoi ce mode d’expression plutôt que le classicisme, dans quel but et pour quelle occasion. Je vous le demande à vous parce que ce n’est pas la première fois que je m’intéresse à ce mode précis d’expression mais que votre performance est la première de ce type à avoir réussi à entrer en résonance avec ma propre expérience et donc à véhiculer des émotions que je comprenne. C’est ce que je cherche. Vous êtes, si je peux me permettre, comme un pont, entre l’univers de la danse contemporaine et le classicisme. »

    Il ne développa pas plus pour le moment, laissant s’installer une brève pause, histoire de laisser, le cas échéant, la parole au jeune homme. Peut-être avait-il déjà quelque chose à dire, à expliquer, à objecter…

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Mar 26 Juil 2016 - 23:17

En l’entendant parlé, Eden se demandait si le brun ne connaissait finalement pas mieux l’Irlande que lui ! Il n’avait pas vraiment connu les pubs.. Juste en accompagnant ses parents, et en buvant une grenadine à la place de la bière. Il se souvenait juste des rires de son père, des accolades avec ses vieux amis et des quelques gorgées de bières trop amères pour son palais d’enfant mais qu’il buvait avec fierté quand on lui en laissait le droit. Mais il ressentait presque ce que l’autre homme décrivait. Peut-être parce que l’Irlande resterait une partie de lui. Peut-être que l’on n’oublie jamais vraiment d’où l’on vient, même après les accidents de parcours. Il sourit à Ange. Il comprenait si bien ce qu’il décrivait. Seulement, la route entre Galway et Dublin, il aurait du mal à la refaire. Peut-être un jour. Peut-être. L’avenir seul pouvait le lui dire. Enfin…

Eden ne put s’empêcher de baisser la tête, un peu coupable à l’évocation du faux-ami de l’Art. Pour lui, c’était un faux ami tout court. Il finissait toujours par regretter d’avoir bu. Quelque soit le moment de la boisson. Même dans les soirées étudiantes, ça lui faisait vraiment faire n’importe quoi. Il n’avait pas la résistance qu’on prêtait à ses origines concernant l’alcoolémie. Son frère l’avait en revanche. Il avait pris la fibre artistique, son frère le reste.

Il écoutait les demandes du brun et resta… Un peu perplexe. Il ne savait pas bien comment il pourrait expliquer cela. Il baissa la tête. Comment pourrait-il expliquer ? Il se sentait vraiment dépassé par la tâche. Il regarda le brun, un peu étonné, et à nouveau vaguement intimidé.

Vraiment ?” finit-il par dire. “Je dois dire que je ne suis pas certain d’être le plus à même d’expliquer quoi que ce soit…

Il se mordit un peu les lèvres. L’art ne s’expliquait pas selon lui. De façon générale. On explique les phénomènes scientifiques… Et encore, rien n’enlève plus la magie d’un arc en ciel que d’en connaître la cause. Peut-être qu’il était trop rêveur pour les explications. On le lui avait reproché souvent dans ses essais et mémoires universitaires.

En fait… Je crois même que si j’essayais de vous expliquer, vous ne ressentirez plus rien en me voyant à nouveau faire la même danse. Pourquoi comprendre alors que vous ressentez ? Il y a des techniques, oui, des symboliques, des choses qu’on peut expliquer, mais pensez-vous vraiment que l’essence de l’art soit dans la technique ?

Il marqua une pause puis reprit, le rouge lui montant un peu aux joues, parce qu’il n’avait guère l’habitude de dire ce genre de choses.

Quand j’écoute vos concerts, même s’ils ont la rigueur du classique, ils arrivent à m’émouvoir aux larmes. Je ne voudrai pour rien au monde savoir comment. Les “comment” sonnent la mort de l’art. Les “pourquoi” aussi parfois…” Il se mordilla la lèvre. “Je suis probablement l’artiste le plus niais que vous ayez rencontré non ? Il n’y a guère que les romantiques du vieux continent pour tenir ce genre de discours…

Et il avait avoué pleurer en écoutant des concerts sur youtube… Imaginez s’il voyait un concert de cet homme en vrai. Sans doute que cela déclencherait une apocalypse animale sur New-York. Il eut un rire un peu gêné, passant une main sur sa nuque, ébouriffant un peu plus ses boucles blondes.

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Sam 30 Juil 2016 - 12:51

    Derrière un manque flagrant de confiance en lui, on pouvait sentir chez le comédien/danseur un esprit aiguisé et visiblement une tendance à l'introspection. Intrigué par ses réflexions, Ange le laissa développer ses arguments, se demandant vaguement à quel point il les pensait et à quel point il cherchait surtout à se sortir d'une discussion qu'il pensait ne pas maîtriser et revenir sur quelque chose de bien plus abstrait et paradoxalement plus solide sous ses pieds. Il réfléchit. La magie de l'art et sa technique étaient deux choses différentes mais la technique était la base de tout. Le plus doué des architecte ne peut construire sur des sables mouvants. Le brut, s'il a sa beauté, n'est fort qu'opposé au raffinement de la société. Il sourit un peu, appréciant l'idée de pouvoir émouvoir quelqu'un aux larmes par son jeu. Parce que c'était ça, la musique, l'art. Un média d'émotions.

    « Je suis un romantique du vieux continent. »

    On ne l'avait d'ailleurs que très rarement mieux défini que par ses mots précis. Le romantisme marquait sa vie. Pas dans le sens commun avec ses gestes déplacés et ses phrases qui sonnaient faux mais au sens littéraire du terme. Le romantisme était un courant, une philosophie, une façon d'être. Et si son pianiste préféré touchait à l'impressionnisme – un courant qu'il aimait énormément aussi - il restait transporté par l'émotion au détriment de la sacro-sainte rationalité des œuvres classiques et, de plus en plus, moderne.

    « L'émotion est une force puissante qui doit être canalisée et véhiculée. C'est d'elle que vient ce que vous appelez la magie de l'art. Toute la technique du monde ne saurait réellement expliquer pourquoi telle ou telle œuvre entre en résonance ou non avec votre âme. C'est pour cela qu'il y a autant de variété de médias et de styles dans les arts. Personne, aussi talentueux soit-il, peut toucher tout le monde. D'un autre côté, ce que vous appelez la rigueur du classicisme permet de savoir où l'on va, comment et ce que l'on peut espérer obtenir. Ainsi, en s'appuyant sur le socle de la technique, l'artiste est plus sûr de lui et peut s'abandonner assez pour laisser la magie opérer. Mais soit, je comprends vos réticences et que ce que vous essayez de me dire, je n'insisterais pas. »

    Il se recula pour se laisser servir, la table se jonchant de mets odorants qui rompirent un instant la conversation, laissant le loisir au très jeune homme d'affaire de remettre de l'ordre dans ses idées et de se prendre un verre...d'eau cette fois.

    « J'aurais besoin de votre aide, Eden. Pour quelque chose que j'essaie de construire. Voyez, l'Art, de nos jours, est à nouveau coincé par les cadors de la profession, les labels et les groupes génériques. Il est très difficile à présent pour les jeunes artistes doués de percer. J'aimerais changer cela. J'aimerais pouvoir donner à notre génération la liberté matérielle de s'abandonner à son art sans plus de souffrance que nécessaire. Sans avoir à vivre dans la rue ou prostituer son talent pour quelques sous. Mais, pour cela, j'aurais besoin de visibilité et, surtout, du soutient de ladite génération ou je n'aurais jamais une quelconque légitimité auprès des élites dirigeantes... Accepteriez-vous de m'aider à accomplir ma vision d'un art plus démocratique, plus libre et sans jugement de la société ? »

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Eden McDougall

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Ven 5 Aoû 2016 - 12:29

Le blond ne put s’empêcher de sourire en l’entendant… Effectivement, il pouvait être un romantique du vieux continent. Et ce n’était pas si improbable. Et cette façon qu’il avait eu de se définir le rendait un peu plus… Charmant. Carrément même. Cet homme dégageait vraiment quelque chose de spécial. Un charisme magnétique. Finalement, il espérait peut-être un peu que sous ses airs innocents et sa volonté de comprendre son art, il y ait quelques intentions un peu moins louables. Parce que… Parce que lui pourrait tout à fait en avoir au final…

Bien sûr… Je ne renie en rien la technique qu’il me faut pour faire tout cela, mais… Vous l’expliquer me semblerait vraiment néfaste. Enfin… Après, si vous voulez, je peux toujours vous donner un cours de danse contemporaine… Cela vous donnerait pas mal de clefs sans doute… Et des courbatures, à n’en point douter.

Il eut un petit rire, alors qu’on leur apportait leurs plat. Il s’était décidé pour un dal de lentilles végétarien. Cela lui allait très bien. De toutes façons, il avait rarement faim après un spectacle, il mangeait plutôt le matin. Même si ce n’était pas trop ça en ce moment, question appétit, dans tous les cas. Suivant l’exemple raisonnable du brun, Eden but lui aussi un verre d’eau. Même un deuxième. Et fixa l’homme qui reprenait la parole. Interloqué. De son aide ? Il était mal barré s’il attendait quelque chose de lui… Il était plus doué pour décevoir que pour aider. Il resta muet en entendant le développement de son propos. Il devait mal comprendre. On ne devait pas parler de lui, là. On ne pouvait pas l’avoir choisi lui pour… Il resta silencieux, son regard incrédule posé sur son interlocuteur. Il ne savait plus du tout ce qu’il faisait là. Et il se sentait affreusement démuni. On avait besoin de lui ? Il était en train de lui dire qu’il avait assez de talent pour être considéré comme l’avenir de l’art en quelque sorte ? C’était un sacré compliment… Ou un moyen vraiment rude de s’assurer qu’il finirait dans son lit après le repas en lui envoyant de la poudre aux yeux. Comme d’autres avant lui. Il resta encore un peu silencieux, puis se râcla la gorge. Mal à l’aise.

Vous êtes vraiment en train de dire que vous n’avez pas trouvé quelqu’un de plus talentueux que moi pour vous aider ?” Il eut un rire un peu gêné. “Vraiment… Je ne me sens pas… Pas capable de vous aider… Je suis pas… Enfin… Je sais pas ce que vous attendez de moi… Mais je ne suis pas quelqu’un de fiable… Ni quelqu’un de si marquant… Ni…” Il eut un soupir. “Vous savez, si vous faites ça juste pour vous assurer de me mettre dans votre lit, c’est blessant et inutile, vraiment… Vous n’avez pas besoin de ça pour attirer l’attention d’un pauvre mec dans mon genre. Mais ce que vous dites là… C’est pas correct… Me faites pas croire que j’ai du talent si vous voulez juste me mettre dans votre lit.

Mais si il le pensait vraiment ? Eden, le regard froncé par la suspicion et le doute, fixait l’homme. Est-ce qu’il pouvait le trouver assez talentueux pour… ? Non, il n’avait pas tant de talent. Il n’était qu’un petit comédien, un artiste touche-à-tout à peine notable. Qu’est-ce qu’il aurait pu apporter à une entreprise de grande envergure ? Une entreprise menée par quelqu’un d’aussi notable et influent. Comment aurait-on pu avoir besoin de lui ?

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MessageSujet: Re: Quand la musique est bonne Lun 8 Aoû 2016 - 10:18

    Il sourit, surpris mais pas opposé à l’idée. Prendre des cours de danse contemporaine. Et bien. Voilà qui ferait rugir son père. Ange ne s’était jamais vraiment défini comme un danseur. Il connaissait quelques pas, bien entendu. Il aimait la valse qui faisait tourner les têtes et appréciait de temps à autre un rock un peu plus sauvage. Comme beaucoup, il se débrouillait en slow et la musique de boite de nuit n’avait rien de bien sorcier. Connaissant les règles qui régulaient la construction des rythmes et des coupures, il n’était pas mauvais sur un dancefloor. Mais il n’était pas danseur, il n’avait jamais pris la peine ou le temps d’enseigner à son corps les gestes précis et la souplesse dont on avait besoin pour de vraies danses, qu’elles soient simplement techniques comme le flamenco ou la salsa par exemple ou bien plus difficiles encore comme la danse classique, cette discipline de fer qui était le socle de toutes les autres. Son corps à lui n’était clairement pas un instrument. Et pourtant, l’idée le tentait. Il sourit, hocha la tête et prit un morceau de viande sur un bout de Naan.

    « Pourquoi pas, cela pourrait être intéressant. »

    Voire même amusant, surtout qu’il sentait bien que s’il ne voulait pas que cet homme lui échappe, il allait devoir créer des liens forts, si possible en le mettant en position de dominance pour qu’il arrête de se sous-estimer. Le français, qui avait toujours été soutenu, cadré et apprécié dans sa vie, avait du mal à comprendre comment l’on pouvait autant se dénigrer soi-même. N’avait-il aucune conscience de sa propre valeur ? De la force intrinsèque de sa personnalité propre, de son âme unique ? Chaque être vivant avait quelque chose, du plus stupide au plus évolué, quelque chose qui allait au-delà du talent ou de l’aisance sociale. Eden avait beaucoup de choses en lui et il semblait pourtant plus qu’inconscient de sa propre valeur. A ce stade, ce n’était plus de la modestie. C’était quelque chose de beaucoup plus profond. Il reprit un morceau de viande qu’il fit cette fois passer avec un peu de riz. Malgré sa silhouette fine et élancé, il avait toujours eu un solide appétit qu’il comblait d’habitude de fruits et de poissons arrosés d’un bon vin. Le silence s’installa entre eux, et l’on n’entendit bientôt plus que le bruit des couverts sur l’assiette. Visiblement, il avait dit quelque chose qu’il ne fallait pas. Les mots. Traitres et imprécis, ils lui étaient bien moins dociles que la musique. Il retint un soupir. Quel dommage qu’il ait été impossible de créer des contrats à base de notes. Enfin. Il allait attendre, le blond finirait bien par dire ce qui le tracassait. Il reprit une nouvelle bouchée de riz…

    … et s’en coinça un grain au fond de la gorge. La rougeur de l’étouffement masqua immédiatement celle provoquée par les paroles de son vis-à-vis. Ses yeux se remplirent de larmes, ses poumons se mirent à expulser de l’air dans une toux rauque. C’était bien le moment de s’étouffer alors qu’il allait falloir qu’il réfléchisse et vite.

    Mais qu’avait-il donc bien fait qui aurait pu passer pour des avances ?!

    Mais pourquoi lui ?!

    Mais qu’est-ce qu’on pouvait bien répondre à ce genre de bêtises ?!

    Il faisait vraiment si gay que ça ?!

    Finalement, le grain coupable se délogea de lui-même et, entre deux aspirations pour récupérer l’air si bêtement perdu, ses yeux encore plein d’eau, Ange regarda le danseur.

    « Pa…pardon ? »*

    Et bien sûr, c’était sorti en français hein. Parce que lorsque l’on perd totalement toute crédibilité, le mieux c’est encore de faire pire. Il avait l’impression d’avoir touché le fond et pris une pelle pour creuser encore. A défaut, il se saisit de son verre d’eau dont il avala plusieurs gorgées, en une tentative assez transparente pour reprendre son calme. Respirer. Trouve un moyen qui ne serait pas homophobe de dire que merci mais non merci. Une grande inspiration…et on reprend. En anglais cette fois si possible.

    « Eden, si j’avais voulu vous mettre dans mon lit, je l’aurais fait. »

    Voilà qui sonnait terriblement prétentieux, quand bien même c’était parfaitement exact. Avec son pouvoir, il pouvait littéralement convaincre n’importe qui de le suivre n’importe où pour une durée bien suffisante à un instant de passion. Il ne le faisait jamais – dans son esprit cela s’apparentait à du viol et il avait totalement arrêté les amours depuis sa nuit avec Emeline, il lui restait fidèle – mais il le pouvait. Et même sans pouvoir, son rang, son charisme et son statut faisait de lui quelqu’un qui n’avait pas de problème à trouver chaussure à son pied. Le problème – et ce soir en était un parfait exemple – était plutôt inverse. Il rougit encore. Cette histoire le mettait terriblement mal à l’aise. Il avait l’impression de marcher sur des œufs.

    « Clarifions tout de suite les choses. Je respecte les choix de vie de chacun mais, pour ma part, je reste également traditionnel et classique pourrait-on dire, dans le choix de mes partenaires. » Voire totalement absent. Il prit une nouvelle teinte de rouge. « De plus, je prends une pause dans toute cette histoire de relations et de sentiments… » et cela ne regardait personne. Il n’avait aucune idée de pourquoi il s’était senti obligé de se justifier comme ça. Il se racla la gorge pour chasser sa gêne.

    « Je m’excuse si j’ai fait quoi que ce soit qui aurait pu vous mettre…vous faire…comment dit-on en anglais… vous…hum…vous faire croire que je pouvais être romantiquement intéressé par…enfin je pense que vous avez saisi ? »



* En français dans le texte



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