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Mai 2016 - Come what may

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Ange d'Ysambre

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MessageSujet: Mai 2016 - Come what may Lun 25 Juil 2016 - 14:44

    C’était le matin. Mal réveillé de sa nuit de quatre heures et ce malgré un copieux petit déjeuner, Ange déambulait dans les rues américaines à la recherche de quelque chose à faire. Il n’avait pas l’habitude de se lever si tôt. En règle générale, il se couchait sur le coup des cinq ou six heures du matin pour ne se lever que vers midi. Là, le téléphone avait sonné juste après les dix heures et il n’avait pas réussi à se recoucher. Il avait mal à la tête. Le vrombissement des voitures autour de lui l’éblouissait au moins autant que le soleil. Il se massa les tempes, désœuvré. Son premier rendez-vous était à quatorze heures, il avait déjà répondu à ses mails, vérifié son emploi du temps, pris une douche, avait enfilé une chemise propre, un costume gris, hésité entre deux cravates, avait décidé de ne pas en mettre, s’était échauffé les doigts sur son piano, avait arrêté, à regret, s’était attelé à la préparation de sa réunion de l’après-midi, bref, il était midi, c’était le matin, il avait sommeil et était désœuvré.

    Le bon moment, donc, pour faire du tourisme. Il avait garé sa voiture du côté de Downtown Brooklyn, le quartier des affaires de ce coin de la pomme et le lieu décidé de son meeting avec un agent immobilier qu’il ne sentait pas très bien et marchait à présent sans but dans les rues, montant vers Brooklyn Heights dont on lui avait dit beaucoup de bien. Il cherchait encore le rythme de la ville, celle dont les poètes amoureux de la métropole américaine lui rebattaient sans cesse les yeux et qu’il voulait entendre de ses propres oreilles. Pour le moment, il n’avait rien. New York n’avait pas pour lui la fascination des vieilles pierres de Paris lorsque le cœur de la France s’arrête un moment pour suivre le tambour de la Seine. Ce n’étaient pas non plus les dissonances des mauvais quartiers de Londres ou la calme beauté de Galway. Il n’y retrouvait pas non plus la cacophonie d’Istanbul, l’énergie de Berlin, les mystères de Djerba. Par contre, là tout de suite, il entendait de la guitare. Et pas mal jouée, en plus.

    Suivant son oreille, le musicien quitta la grande artère, suivant plusieurs petites rues jusqu’à l’une d’entre elle où se tenait un homme, instrument en main qui réinterprétait une vieille rengaine de Carl Perkins. C’était assez bon. On sentait le manque, l’envie d’une batterie derrière puis d’un contrepoint, à la basse ou à la contrebasse mais pour un homme seul, ça s’écoutait très bien. Il fouilla dans son portefeuille, sortit un billet de vingt dollars qu’il posa tranquillement à l’endroit prévu, le coinçant sous quelques pièces qu’il ajouta pour faire bonne mesure et éviter qu’il ne s’envole. Puis, il s’adossa à un mur non loin, ferma les yeux et se laissa porter par la musique, sa main droite et gantée battant la mesure sans qu’il n’en ait seulement conscience. Son mal de tête avait disparu, son ennui aussi, il était enveloppé de musique, il était juste bien.

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‘Cause I know a magic dolphin, swimming above the world. And in my dreams, it promised me that someday I’ll find my girl. She has the taste of summer, cute shiny eyes of love, and until I find that girl of mine, I have a friend above.
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Ulysse Acciaro

❝They said I won't find you
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MessageSujet: Re: Mai 2016 - Come what may Mer 27 Juil 2016 - 22:35

Un mois de mai pourri, c'était bien sa veine. Entre la pluie et le froid, les gens n'étaient pas vraiment disposés à s'arrêter pour lui filer quelques pièces. Il était loin, le printemps guilleret supposé régner en ce temps là. Ce jour-ci comme la veille, ce n'était pas vraiment de gaité de coeur qu'Ulysse était sorti pour jouer. La pluie n'était pas forte, juste quelques gouttes mais rien qui donne envie d'aller se peler le cul dehors pour trois pièces. Sauf que ses réserves étaient au plus faible, mis à part les sous qu'il gardait précieusement de côté au cas où, il n'avait plus rien. Donc pas bien le choix. Pas une mission de filature à l'horizon et c'était bien dommage. Il serait bien resté dans son sac de couchage, peinard.

Mais non, il était là, dehors à se les peler. Machinalement, il se dirigea vers un café situé non loin de là où il jouait le plus souvent ces derniers temps. Il s'entendait bien avec le serveur qui lui filait le café gratos le plus souvent. Parfois, quand il avait bien gagné sa journée, il passait lui en acheter un autre. Il le remplit de sucre, à la limite de l'imbuvable, faible consolation avant de se poser sur son bout de carton, sur un rebord de vitrine. Une fois le café à moitié avalé, il sortit son ukulélé de son sac posé au sol, laissa Pluton monter sur ses épaules et commença à jouer quelques morceaux qu'il connaissait par coeur. Il essayait de varier un peu pour que ceux qui passaient là à la même heure, jour après jour n'aient pas à entendre le même refrain. Mais fatalement, lorsqu'il ne réfléchissait pas, son coeur et son instinct allaient vers les bon vieux classiques du rock de son enfance. Quelques pièces tombèrent dans sa gamelle. Le temps commença à s'éclaircir un peu et son humeur s'améliorant dans la foulée, il entama quelques reprises un peu plus joyeuses et péchues. Avec surprise, il vit un billet se glisser sous les quelques pièces présentes. Woah. 20$ pour ça, c'était vraiment pas souvent ... Ulysse releva le visage et sourit à celui qui déposait les sous, le remerciant entre deux strophes. Vraiment, quand il faisait beau, les gens étaient plus chouettes. Il termina la chanson puis en entama une autre, constatant que l'homme était toujours là. Encore plus rare que les gens qui claquaient de la thune, il y avait les gens qui avaient du temps à perdre. Mais ça faisait plaisir. Il termina le morceau avant de le regarder, levant le menton dans sa direction.

"Vous avez une chanson préférée ? Tout le monde a une chanson préférée... si vous avancez un peu plus, j'veux bien m'y mettre..."


Tenta-t-il. Il n'y croyait pas vraiment mais à tout hasard... ça avait déjà marché. Les gens aimaient bien entendre les chansons qu'ils aimaient bien, lorsqu'elles n'étaient pas trop massacrées. Ca avait déjà marché quelques fois...

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Ange d'Ysambre

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MessageSujet: Re: Mai 2016 - Come what may Sam 30 Juil 2016 - 13:37

    Il était perdu dans sa musique, dans l'univers parallèle de ses rêveries. Parfois, il en connaissait les paroles qu'il fredonnait doucement, pour le simple plaisir de chanter. Sa voix, plus grave que son physique long et mince laissait présager, se perdait dans les bruits de la rue. Cela ne le dérangeait pas. Il était dans son monde, fait de douceur, de beauté et de musique, tellement loin de la crude froideur de la vie réelle. Il se retransportait toujours dans cette demeure normande où il avait passé le meilleur été de sa vie. Il entendait le vent dans les feuilles, l'odeur de la mer au loin et le rire d'une toute jeune femme quand une voix masculine et presque rauque de réalité vint percer sa bulle de rêve. Il eut un sourire triste.

    « Pourquoi pas. »

    Il s'avança, tirant de son portefeuille un autre billet de 20$. Pour lui, ce n'était rien. Pour un artiste, ça pouvait être plusieurs diners, ou une bonne dose de drogue. On ne savait jamais si, quand on donnait de l'argent, on offrait une meilleure vie ou une meilleure mort. Cette idée lui avait posé un certain nombre de conflits moraux au début. Il ne voulait pas pousser les gens dans leur propre auto-destruction. Mais l'Art était ainsi fait qu'il était parfois plus beau dans la boue et dans la fange. Et après quelques nuits au piano à réfléchir, il était arrivé à un compromis avec lui-même. Il ne devait pas être paternaliste avec ses confrères. Son argent ne lui donnait pas ce droit. Il mettrait des règles dans les Maisons qui seraient les siennes et qu'il prêterait aux autres, les obligeant à rester dans la légalité autant que faire ce peut. Pour le reste, il n'était pas responsable des choix de chacun. Il se baissa, coinçant le morceau de papier sous son frère qui claquait un peu sous le vent.

    « Ma chanson préférée est Les jardins sous la pluie de Claude Debussy mais c'est injouable à la guitare. Vous vous sentiriez de tenter une interprétation de The man comes around de Jonny Cash ? C'est technique mais j'aime beaucoup sa vision de l'apocalypse. A moins que... je ne sais pas si vous connaissez The Baseballs. C'est un groupe allemand moderne des années 2000. Il s'amuse à reprendre des succès pop modernes et de les réadapter dans les codes du Rockabilly. J'aime particulièrement leur reprise de Umbrella de Rihanna... »

    Il voulait bien l'avouer, il testait un peu le musicien, essayant de mesurer ses connaissances musicales en même temps que sa technique. Il avait déjà pu savourer son talent mais celui-ci n'était malheureusement pas tout. Il y avait forcément une raison pour laquelle un homme pareil perdait son temps à jouer dans la rue en plein jour, en pleine semaine, espérant un billet supplémentaire et ayant l'air d'en avoir vraiment besoin. Ange était intrigué. C'était un sentiment qu'il aimait bien. Bien plus intéressant que l'ennui et le désœuvrement. Aussi, s'il n'avait pas été totalement honnête concernant sa chanson préférée (quoi que « Les Jardins sous la Pluie » faisaient vraiment partie de son top cinq), il était impatient de voir la réponse du guitariste.

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Ulysse Acciaro

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MessageSujet: Re: Mai 2016 - Come what may Lun 8 Aoû 2016 - 19:38

Ce type sortait les billets de 20$ avec une facilité déconcertante. Il n'était pas le premier mais ça restait assez rare pour qu'Ulysse ait toute son attention. Il n'était pas vraiment dupe. Il y avait des chances pour que si le type sorte un autre billet, il ait une idée derrière le crâne. Restait à savoir laquelle. Peut-être que c'était un nouveau commanditaire qui ne savait pas comment s'y prendre. Disons que c'était la solution la plus intéressante pour lui. Ces derniers temps, il manquait de gens à stalker. Fallait être honnête, ça n'était pas sa musique qui allait lui rapporter de quoi essayer de faire un peu plus que de survivre. Les mecs généreux étaient rares. Et l'individu planté devant lui, il n'était pas certain qu'il fasse partie de ceux là.

Ce qui était certain, c'était que ses goûts n'étaient pas banals. Ou alors c'était une caméra cachée. Ulysse leva un sourcil. Debussy, sans déconner ? Et pourquoi pas Bach et Chopin ? Il s'était perdu ce mec ? Il se croyait à l'opéra ou lors d'un récital de musique de chambre ? Ou il essayait simplement de lui étaler toute sa culture musicale ? Il allait être déçu du voyage... Ulysse ne jouait absolument pas à ce jeu là. Il assumait totalement de ne pas avoir une culture musicale bien étendue. En fait, il jouait ce qui lui plaisait la plupart du temps, les vieilleries qui avaient bercé son enfance. Parfois quelques morceaux un peu plus modernes qui lui avaient plu ou qu'on lui avait appris. Mais... rien d'aussi...

"Vous vous seriez pas trompé de chemin ? Je ne pense pas franchement avoir la tête d'un mec qui écoute du Claude machin."

Ne put-il s'empêcher de répondre, amusé. Il espérait que l'autre serait toutefois suffisamment indulgent pour lui laisser le billet de 20$. Quand à Johnny Cash, s'il l'avait entendu plus d'une fois, il ne connaissait clairement pas suffisamment sa musique pour pouvoir la restituer.

"L'allemagne, c'est pas trop mon rayon. Mais Rihanna, je peux tenter malgré tout, ça doit être dans mes cordes."


Proposa-t-il en haussant les épaules. Il testa quelques accords avant de se lancer dans une reprise de Diamonds, terminant en fredonnant lorsque les paroles lui manquaient. Même pour lui qui passait sa vie là où les gens ne restaient pas, difficile de passer à côté de tubes pareils. Il tenta quelques notes d'Umbrella, chercha une tonalité qui pourrait coller et embraya sur un extrait de ce second morceau. Clairement, ça n'était pas la meilleure de ses prestations. Mais pour une improvisation, il n'était pas mécontent de lui. D'autant que le ukulélé limitait toujours un peu ses possibilités. Ce n'était pas faute d'avoir retrouvé sa guitare mais avec les années, il s'était habitué au petit instrument facilement transportable. Et puis le ukulélé, y'avait pas à dire, c'était chiant mais ça attirait bien plus les regards.

"Alors ? Vous aviez jamais vu ça hein ? Je suis sûr que ça vaut au moins vos allemands. Voir mieux. Aucun accent ne peut rivaliser avec l'italien !"


Dit-il en exagérant exprès le petit accent qu'il lui restait encore après toutes ces années. Puisque l'autre semblait vouloir de l'exotisme et de l'original, autant mettre le paquet.

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MessageSujet: Re: Mai 2016 - Come what may Jeu 15 Sep 2016 - 19:20

Debussy prenait les sentiments et les transformaient en musique. Il rappelait de ses notes le souffle du vent dans les embruns, la force de l'émerveillement provoqué par des grains de poussière dansant dans un rayon de soleil. Il se baignait de la mythologie celte, des lutins et des arc-en-ciels. La musique de Debussy, c'était la vie, c'était le monde, c'était le rêve en mélodie. C'était calme, c'était doux, c'était fort, humain, merveilleux, beau. C'était le « Clair de Lune ». Et la musique de Twilight. Parce que même Hollywood pouvait parfois se rendre compte de certaines choses. Poli et posé, Ange ne perdit pas son sourire. S'attendait-il à ce que le musicien connaisse son compositeur préféré ? Pas vraiment. Sûrement que s'il lui en chantait quelques mesures, il les reconnaîtrait cependant, ces notes qui rentrent dans l'esprit et qui n'en partent plus jamais. Son sourire ne bougea pas, éclairant son visage de la même lumière triste, grisées, pareille à l'aube avant le lever du soleil, lorsque le monde attend encore l'arrivée de l'astre rougeoyant pour apporter de la chaleur. Il hocha la tête. Pas non plus de Johnny Cash, donc, ce qui était plus curieux au vu de l'air un peu rock'n roll de l'artiste. Qu'était-il et que cherchait-il à obtenir ainsi avec sa guitare miniature et son manque flagrant de culture musicale ? La musique le coupa dans ses réflexions et le jeune homme se laissa porter la la rythmique et la mélodie pop. Les notes n'étaient pas toujours là. Les paroles non plus. Mais il y avait quelque chose dans l'interprétation, malgré l'instrument inadapté, malgré le bruit de la ville, malgré les approximation. Une pierre brute. Voilà ce qu'était son joueur. Quelque chose à découvrir, à polir, et, pourquoi pas à sculpter. Mais le voudrait-il ? Ils étaient souvent sauvage, les artistes qui avaient tout appris de rien. Et lui, il ressemblait très fort à un de ces autodidactes persuadés d'avoir besoin de refaire toute l'évolution au lieu de simplement apprendre les bases et partir de plus haut pour s'envoler plus loin.

On ne peut pas s'affranchir d'un cadre sans le connaître parfaitement.

Il sourit à nouveau, rêveur, laissant ses mains battre en un applaudissement poli qu'il ponctua d'une petite courbette.

« En effet. Je m'incline devant une telle originalité. Votre interprétation était sans précédent. »

Chaque mot était sincère, proféré avec l'assurance tranquille qui était la sienne et dont il n'avait absolument pas conscience. Son esprit, lui, divaguait un peu. L'Italie, pour le pianiste, c'était Verdi. C'était l'extravagance, l'outrancier, le luxe, les émotions à vif, portées par l'Opéra, les voix, l'exagération. C'était le cœur de la chrétienté. C'était la boue et la violence sournoise des Borgias. C'était dorure et poison. Et les meilleures glaces qui soient. Emeline aurait aimé l'Italie. Il ferma une seconde les yeux pour chasser son image.

« Si vous voulez, je pourrais vous offrir un café. Ou, si vous avez le temps, un déjeuner. Je vous ferais écouter la version allemande et nous pourrions discuter des différences entre les différentes interprétations. »

Il montra de la tête le boui-boui devant lequel ils étaient tous deux postés.

« C'est bon ici ?  Je ne connais pas du tout la ville. »

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