AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez|

[Juin 2016] Nocturnes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Ange d'Ysambre

❝Je t'envoie comme un papillon,
à une étoile


Inscrit(e) depuis le : 10/07/2016
Messages : 244
Ressemble à : Julian Morris
Crédits : Bazzart (Johanna)
Âge : 29 ~ Statut civil : Célibataire
Profession/études : Musicien/PDG de Imriška
Quartier : Manhattan
Capacité : Suggestion

MessageSujet: [Juin 2016] Nocturnes Lun 8 Aoû 2016 - 10:57

    Cela faisait plusieurs soirées que quelque chose manquait à l’appel. La première fois, cela avait pu être un hasard, après tout, les cercles n’étaient pas toujours les mêmes et si la jetset New Yorkaise avait tendance à se recroiser un peu partout, de subtils changements émaillaient les invitations d’un tel ou d’un tel, rendant chacune indispensable pour qui voulait se créer un réseau. Ange donc. La seconde fois non plus, il ne s’était pas inquiété. Il avait rencontré d’autres personnes, approfondi ses liens avec ceux qu’ils connaissaient déjà, sans sous-entendu aucun, joué de son charme et de son charisme pour convaincre ses pairs d’investir dans sa petite idée, essayant d’éviter au maximum de trop plaire aux compagnes de ses camarades d’affaire. C’était moins aisé qu’on ne le pensait quand l’alcool coulait à flot dans une ambiance qu’il aurait qualifiée de libertine s’il n’avait pas eu peur de vexer ses hôtes.

    Et le temps avait filé, comme il le faisait tout le temps. Pas de Nora à la troisième fête ou à la quatrième. Cela commençait à faire beaucoup. Pas de rouquine collante à la cinquième non plus et le manque fit place à l’inquiétude. Il avait vu à travers ses tentatives de séduction. Il s’était reconnu dans sa tristesse, dans sa recherche d’oubli, dans son malheur. Elle s’évadait dans le sexe et l’alcool comme lui-même l’avait fait dans les études et le piano. Et il se souvenait des pensées informulées qui avaient été les siennes lorsqu’il avait appris qu’Emeline avait été fiancée. Lorsqu’il avait su qu’elle avait disparu. Il se souvenait de la colère, de la rage, de la hargne contre tout et contre tous et surtout contre lui-même. Il n’avait pas oublié une étrange soirée et la fascination qu’il avait eue pour tout ce qui aurait pu être destructeur. Flamboyant. Un ultime acte de rébellion contre la vie qui lui avait pris quelqu’un qui l’aimait.

    Il ne l’avait pas fait. Il avait eu la musique pour le soutenir, le rythme régulier d’Oxford pour lui servir de béquille, l’amour et la présence de sa mère pour tenter de calmer ses blessures quand bien même il ne lui avait jamais réellement pardonné. Nora avait-elle tout ça ? Avait-elle la force de s’en sortir ? C’était idiot – ils ne se connaissaient pas si bien – mais Ange n’avait pas envie de se dire qu’il avait, par négligence, fait partie de ces engrenages qui pouvaient mener à la mort d’un être humain. Il appréciait la jeune femme. Il n’avait pas envie de la perdre. Elle aussi. Alors, il avait commencé à interroger ses collègues. A la fête six, puis à la sept et même à la huit, il demanda des nouvelles de la jeune infirmière. Personne n’avait rien, personne ne l’avait vue depuis la soirée des Yellowtree fin mai. On commença à le taquiner sur ses requêtes, relevant ses manières de vieux garçon. Il laissa couler. Il était trop inquiet pour se soucier de quelque chose d’aussi stupide qu’un ragot ou une réputation. Après tout, il avait la chance d’avoir un chromosome Y qui lui permettait d’être aussi coureur qu’il le voulait sans que cela ne fasse honte à sa famille. Aurait-il eu deux X qu’il aurait été nettement plus entravé dans ses mouvements. Enfin.

    Juin commençait à peine et l’on sentait déjà le printemps s’effacer sous les prémices de l’été. Devant l’immeuble de Brooklyn, Ange regarda une nouvelle fois le morceau de papier que lui avait donné la fille de l’état civil. Nora Wright, infirmière, date de naissance correspondant à peu près à l’âge qu’elle affichait (les femmes avaient toutes 25 ans mais certaines les avaient depuis plus longtemps que d’autre) habitait ici. Il avait le code, il avait l’étage, il avait dans un sac de plastique blanc pendu à son poignet un repas chaud pour deux personnes et une très bonne bouteille d’un des domaines familial. On n’est jamais bordelais par hasard. Il prit une profonde inspiration, monta les étages par l’escalier et frappa à la porte qu’on lui avait indiquée.

    « Mademoiselle Wright ? Nora ?»

    La dame de l’état civil n’avait pas connaissance d’une hospitalisation ou d’un décès de la jeune femme. D’autant plus qu’il s’était tapé tous les hôpitaux de la pomme avant de songer à la mairie (on est stupide ou on ne l’est pas), aussi, elle devait être vivante. Ou alors, elle était toujours là, inconsciente et inanimée dans un grand appartement, comme dans certaines séries télévisées qu’il avait regardées à l’université. Il frappa à nouveau. Plus fort.


_________________


Dolphin
‘Cause I know a magic dolphin, swimming above the world. And in my dreams, it promised me that someday I’ll find my girl. She has the taste of summer, cute shiny eyes of love, and until I find that girl of mine, I have a friend above.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nora Wright

❝Sow the wind and reap the whirlwind. ❞

Inscrit(e) depuis le : 19/04/2015
Messages : 6258
Multicomptes : Elias
Ressemble à : Rachel Hurd-Wood
Crédits : BlueOrchid - (c) google
Âge : 27 ~ Statut civil : célibataire
Profession/études : Infirmière
Quartier : Brooklyn
Capacité : Aérokinésie

MessageSujet: Re: [Juin 2016] Nocturnes Lun 22 Aoû 2016 - 17:26


Les jours s'égrenaient, lents et tous identiques, pour Nora qui n'avait plus goût à rien. Elle avait cru naïvement que sa rupture avec Cameron serait la chose la plus difficile qu'elle ait à traverser, malgré son statut d'original et tous les dangers que cela impliquait mais quelle idiote avait-elle bien pu être ! Elle avait cru pouvoir s'en sortir quand la vie - ou plutôt vu les circonstances la mort - s'était rappelé à son bon souvenir et elle n'était à présent plus que l'ombre d'elle-même. C'est simple, elle refusait tout simplement de continuer et d'ainsi laisser James derrière elle, c'était au dessus de ses forces. Elle ne pouvait tout simplement pas accepté qu'elle ne reverrait plus son aîné, c'était insupportable. Il y avait bien longtemps que toutes ses larmes s'étaient taries et elle restait maintenant chez elle à regarder par la fenêtre sans vraiment la voir la vie qui s'écoulait sous ses yeux sans expression. Elle avait les traits tirés du peu de sommeil qu'elle réussissait encore à trouver alors qu'elle revoyait le corps étendu de James dans son cercueil à chaque fois qu'elle fermait les yeux. Et quand ce n'était pas son aîné qui la hantait, c'était la peine qu'elle revoyait sur le visage de ses parents et d'Andrew qui la torturait en rendant les choses bien trop réelles. Elle gardait le peu d'énergie qui lui restait pour leur répondre au téléphone et tenter de leur faire croire qu'elle allait aussi bien que possible. La vérité était pourtant tout autre... Elle avait perdu beaucoup de poids, elle avait le teint blafard de rester enfermée chez elle et le regard vide, ne quittait plus son appartement que pour faire quelques très rares courses et attendait juste que le temps passe et fasse son œuvre.

Ce jour-là n'étaient pas différents des autres. A peine si la rouquine avait entrouvert un rideau pour laisser entrer un rayon de soleil. Son appartement était à son image, laissé à l'abandon. Seul un album photo, ouvert sur des souvenirs d'enfance et posé sur la table basse du salon, était épargné par le capharnaüm ambiant. Dans son survêtement vert devenu bien trop grand pour elle, les cheveux négligemment regroupés en queue de cheval, la jeune femme restait prostrée sur le canapé, la télévision diffusant une émission qu'elle ne regardait même pas. Depuis quelques jours, Nora ne supportait même plus le silence et avait donc trouvé cette illusion pour y faire face. Pour autant, lorsqu'elle entendit frapper à sa porte, elle baissa le son et se fit toute petite, attendant que le démarcheur - qui d'autre de toute façon cela pouvait-il bien être alors qu'elle s'était employé à sortir de la vie de tout le monde ? - se lasse et finisse par passer son chemin. Sauf que les coups sur sa porte redoublèrent et se firent plus forts et qu'elle finit par entendre son prénom prononcé derrière le battant. Espérant toujours que son invité mystère finisse par perdre patience, la jeune femme prit tout son temps pour se relever et finit par ouvrir la porte non sans avoir vérifier que le loquet de sécurité était bien enclenché.

En voyant l'homme qui se tenait debout devant sa porte, la rouquine lit un moment à rassembler ses souvenirs pour remettre un nom sur le visage. Ange... Leur rencontre lui paraissait tellement être le fruit d'une autre vie, quand elle pensait encore que faire la fête résoudrait tous ses problèmes et chasserait ses peines de cœur. Elle s'était bercée d'illusions et n'avait sûrement pas donné la meilleure image d'elle-même et peu lui en importait à présent. Elle finit pourtant par enlever la sécurité de sa porte pour pouvoir l'ouvrir en grand, peu soucieuse de l'intérieur que son invité allait découvrir. Si elle avait un jour voulu le séduire, en ce moment, toutes ces considérations lui semblaient bien loin.

"Ange ? Qu'est-ce que..."

Elle ne finit pas sa question, se rendant compte de la voix rocailleuse qu'elle avait à force de ne plus parler de la journée. Elle retourna vers le salon, faisant alors une place sur le canapé pour son hôte en poussant par terre, sans ménagement, les affaires qui s'y trouvaient. Elle attendit alors de savoir ce qui lui valait cette visite, ne sachant trop que faire bien qu'elle espérait surtout pouvoir faire illusion pour que personne ne s'inquiète pour elle.



Revenir en haut Aller en bas
[Juin 2016] Nocturnes
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MORE THAN HUMANS :: New York City :: Brooklyn-
Sauter vers: